Emprunt obligataire : le piège des marchés financiers

lettre du limousin

Tribune du groupe parue dans le numéro 93 (juillet 2011) de la Lettre du Limousin

Pour lancer l’emprunt obligataire censé soutenir le développement des PME limousines, la Région limousin a accepté de se soumettre à l’évaluation de l’agence de notation « Standard and Poor’s ». C’est un précédent préoccupant car cette décision va dorénavant peser sur les orientations et un ensemble de décisions de la collectivité.

Constatant à juste raison que les recettes de la Région sont aujourd’hui « fortement contraintes » (baisse des dotations d’Etat, suppression de la taxe professionnelle), l’agence indique dans ses attendus que la note accordée, AA, ne pourra être conservée –ou améliorée- que dans le cadre «d’un pilotage très strict des dépenses ».

En clair, si la Région veut garder la confiance des investisseurs, au regard de cette logique libérale, elle pourra être conduite à limiter à son recours à l’emprunt, à tailler dans les moyens dévolus au fonctionnement et aux investissements. Dans ces conditions, quid demain du niveau d’intervention de la Région dans ses domaines de compétences ? Quid du programme de travaux dans les lycées, du développement du transport ferroviaire régional, du maintien d’un appareil de formation de haut niveau, du soutien au monde associatif, culturel et sportif ?

Ne pas jouer avec le feu 

En acceptant de passer sous les fourches caudines des agences de notation l’exécutif régional ne joue-il pas avec le feu ? Toutes proportions gardées, les exemples de la Grèce, de l’Irlande, du Portugal ou de l’Espagne sont à méditer. Ce sont les peuples qui payent aujourd’hui la dégradation de la note de ces Etats, au travers de plans d’austérité sans précédents, conjuguant privatisations, coupes budgétaires, reculs des droits pour les salariés. La France n’est pas à l’abri : la même agence « Standard and Poor’s » vient d’annoncer qu’elle pourrait remettre en cause la note « triple A » à l’horizon 2020 si le gouvernement n’amplifie pas la réduction de ses déficits et ne mène pas de nouvelles réformes de la Sécurité sociale.

Echapper à cet étau de la finance s’impose. Le développement économique exige de recourir à d’autres ressources financières que procurerait une maitrise publique du crédit et de l’épargne en France et en Europe. 

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