Séance plénière du 21 octobre 2010

QUAND LE DEBAT SUR LES RETRAITES S’INVITE EN SEANCE PLENIERE…

Parmi les points abordés lors de cette plénière :
•    intervention générale de Limousin Terre de Gauche (par Laurence Pache),
•    soutien aux mobilisations contre le projet de « réforme » des retraites,
•    orientations budgétaires,
•    emplois associatifs,
•    soutien au POLLT, refus de financer la LGV Limoges -Poitiers et TIPP

Cette séance plénière consacrée notamment aux orientations budgétaires 2011 a eu lieu alors que la mobilisation contre le projet de réforme des retraites prenait l’ampleur que l’on sait. On aurait pu légitimement s’attendre à ce que le Président de Région, lors de son intervention liminaire, manifeste sa solidarité au mouvement. Pourtant pas un mot si ce n’est, en conclusion de son propos, le souhait de voir se renouer les liens du dialogue social. Incompréhension dans les rangs de « Limousin terre de gauche » -et au-delà !- qui amenait Christian Audouin à prendre la parole pour s’étonner de ce silence et demander l’examen immédiat de la motion d’urgence déposé par le groupe appelant justement à soutenir les mobilisations contre le projet. Embarras de Jean-Paul Denanot et des élus PS qui accepteront finalement un examen du texte dès la fin des interventions des groupes (voir ci-après). Laurence Pache interviendra en dernier comme convenu après tirage au sort lors de la conférence des présidents de groupe.  
 
INTERVENTION GENERALE DE LAURENCE PACHE
« A l’heure où nous nous réunissons, un puissant mouvement populaire s’amplifie et témoigne de son opposition au projet de loi sur les retraites. Il montre ce que chacun sait maintenant : le peuple ne veut pas de cette réforme injuste et inefficace. La pitoyable tentative de diversion sécuritaire employée par le gouvernement cet été a échoué. Les citoyens ont compris que cette réforme n’a qu’un but : satisfaire les marchés financiers qui dictent partout les politiques d’austérité dont on voit les remarquables résultats en Grèce, ou en Irlande dont les marchés financiers devenus incontrôlables s’apprêtent à dégrader la note devant le dégât provoqué par les politiques d’austérité qu’ils appelaient eux mêmes de leurs voeux.
Il faut, paraît il absolument réduire la dette ! Mais pourquoi alors ne pas revenir sur les cadeaux fiscaux consentis aux revenus les plus élevés depuis 10 ans, ce qui nous donnerait 100 milliards d’euros par an là où on nous annonce un déficit des caisses de retraites de 100 milliards d’euros d’ici 2050 (sans jamais évidemment rapporter cette somme à la richesse produite cumulée sur cette période). On voit donc que le jeu est pipé. Les citoyens pâtissent de ces choix et on assiste partout à une régression sociale sans précédent. Pour la première fois, la société ne vise plus le progrès et les individus savent que la vie de leurs enfants sera moins bonne que la leur. Ce gouvernement qui se prétend moderne est d’un conservatisme crasse cherchant la promotion des intérêts de quelques uns au détriment du bien de tous.
Nous devons faire face à cette politique désastreuse. C’est pourquoi j’appelle tous les élus à se joindre au mouvement en cours et à manifester leur soutien aux travailleurs en grève pour le maintien de la conquête sociale de la retraite à 60 ans à taux plein, à commencer par ceux du Conseil Régional. A ce titre je m’étonne qu’on nous ait fait ôter la banderole qui était accrochée à nos fenêtres, et je demande qu’une autre soit installée qui mentionne le soutien des élus et des salariés à la lutte en cours. Ce soutien doit s’ajouter au rôle que nous sommes amenés à jouer en tant que salariés. Je suis moi même en grève reconductible à l’appel de mon syndicat.
Nous devons être des élus en lutte, parce que la charge de la droite est sans précédent. Elle veut renforcer un système qui a fait les preuves de sa nocivité : celui de l’accumulation des richesses dans quelques mains et de l’appauvrissement du plus grand nombre. Depuis 30 ans ce sont 10 points de PIB qui sont passés du travail au capital. Il faudra donc faire des choix et nous appelons, comme pendant la campagne électorale à ce que nos régions soient des régions de combat, engagées dans la résistance à ce système injuste.
Les régions vont être heurtées de plein fouet par ces choix régressifs, voyant leurs dotations gelées et leurs ressources amputées par la réforme de la TP. Tout le monde sait que cette réforme est là pour fournir un cadeau fiscal aux entreprises faisant le plus de profit. Ce n’est pas moi qui le dit mais la ministre de l’économie Mme Lagarde. Dans un courrier du 7 décembre 2010 adressé aux patrons des entreprises elle déclarait que la « charge fiscale » allait baisser de 6,3 milliards d’euros par an ! Ce qu’elle appelle charge je l’appelle moi contribution au développement commun et à l’intérêt général. Cette baisse de la charge, c’est-à-dire ce cadeau fiscal, va essentiellement profiter aux entreprises les plus rentables qui vont bénéficier d’abattements forfaitaires, et d’ exonérations sur la CVAE, en plus de celles qui existaient déjà et qui sont maintenues. Avec cette réforme c’est l’autonomie financière des collectivités territoriales (pourtant garantie par la constitution) qui est mise à mal, transformant de facto celles ci en simples courroies de transmission au mépris du suffrage universel qui les élit.
Nous sommes donc à l’heure des choix. Il nous faut porter d’autres modèles de développement. Commençons par dire le paradoxe qu’il y a dans le fait de pouvoir exercer la compétence économique sans plus avoir le levier pour agir dessus ! Il faudra tenir compte de cette nouvelle situation. Ainsi nous proposons que l’ampleur du cadeau fiscal que représente la réforme de la TP pour le Limousin soit évalué, afin de ne pas financer deux fois les entreprises, une fois par la fiscalité et une fois par nos subventions. Cette évaluation doit être menée, et nous la souhaitons rapide : elle devrait être conduite dans l’optique de la préparation du budget, afin de réévaluer la ligne budgétaire qui concerne l’aide économique. Il nous faut savoir très précisément quelles entreprises vont profiter de la baisse de la contribution afin de calculer leur droit à subvention.
Cette question est d’autant plus cruciale que nous sommes à l’heure des choix budgétaires dans une situation inédite. Il nous faudra hiérarchiser nos priorités. Or nous constatons la baisse des crédits attribués aux lycées et cela pose problème. En effet, les lycées sont la compétence pleine et entière de la région. Nous affirmons que le service public doit être notre priorité. Plus qu’une simple valeur ou la marotte de certains il est le garant de l’égalité de tous les citoyens. C’est particulièrement vrai pour ce qui concerne l’éducation qui concerne chaque citoyen en devenir. De plus, le service public de l’éducation (et donc les conditions matérielles de son exercice) sont la base du dynamisme d’une société. Pas de progrès sans éducation, et il est de la responsabilité de la puissance publique que de s’en charger. Cela pose problème que les orientations budgétaires prévoient une baisse des crédits pour l’éducation, même si nous sommes à la fin d’un programme tri-annuel d’investissement. Nous savons que les besoins sont encore énormes en termes de rénovation, d’installations sportives ou de personnels notamment de maintenance informatique. Dans le même temps il est prévu une hausse des crédits alloués au développement économique, sur un budget globalement en baisse. Il y a là un paradoxe intenable. Une économie ne peut se développer sans un haut niveau de qualification ! Cela doit être une priorité absolue.
Mais ne faut-il pas se demander quelle est au juste notre conception du développement d’une région? Quand on parle de développement économique qu’entend-on précisément ? S’agit-il d’accroître la compétitivité des entreprises, leur capacité à faire des profits ou s’agit il du progrès humain ? Le développement humain doit être l’objectif et la boussole du camp progressiste. Nous pensons que la puissance publique doit voir loin et impulser d’autres choix de développement, écologiquement responsables et socialement justes. C’est pourquoi nous pensons qu’une évaluation pluraliste et citoyenne du SRDE doit être menée. Notons que la cour des comptes elle même, dans un rapport de septembre 2007, porte un regard critique sur l’efficacité des aides des collectivités territoriales pointant des « aides à la portée limitée », avec des risques d’effet d’aubaine et une évaluation insuffisante.
La logique de guichet qui est de mise aujourd’hui doit cesser. Les aides doivent être un moyen d’agir pour transformer la réalité économique dans le sens d’une plus juste redistribution et non pas un accompagnement du système tel qu’il est et de sa tendance désastreuse à la concentration des profits dans les mains de quelques uns. A ce titre, nous pensons que le développement du tissu économique et donc de l’emploi doit mobiliser les premiers acteurs de l’investissement à savoir les banques. C’est proprement scandaleux que l’épargne dégagée par les Limousins fuie dans les canaux de la spéculation au lieu de servir à l’investissement dans l’économie des territoires. De plus, les aides doivent être conditionnées et non plus seulement modulées comme c’est le cas aujourd’hui. C’est justement parce que nous voulons qu’elles soient économiquement efficaces et qu’elles participent au développement humain de notre région que nous pensons qu’elles ne doivent pas alimenter les profits des entreprises. Elles doivent au contraire être des outils pour orienter des choix en matière sociale et environnementale.
Il faut renoncer à la logique de la compétition économique pour promouvoir une logique de la coopération. A ce titre, l’engagement de la région dans les pôles de compétitivité ne répond pas à cette exigence. A ce jeu là la région Limousin ne peut être que perdante : quel est son poids face à la puissance économique d’autres régions dont le budget est presque 10 fois le nôtre ? Rappelons que l’instauration des pôles de compétitivité répond à un virage à 180 ° dans la vision française de l’aménagement du territoire. C’est même en réalité le renoncement à un aménagement équilibré ! Il s’agit de concentrer les moyens en quelques points du territoire au détriment des autres. Il s’agit d’un renoncement à l’idée républicaine d’égalité des territoires.
Par ailleurs, les pôles de compétitivité soulèvent la question de l’imbrication de la recherche privée dont le but n’est jamais prioritairement l’intérêt général, et de la recherche publique. Il faut plus de transparence et de contrôle public sur les transferts de technologie, et il faut soutenir une recherche publique à but non lucratif. Ne pas préserver cette indépendance de la recherche vis à vis des intérêts privés est ce qui a permis aux Etats-Unis que les multinationales semencières imposent les OGM avec les résultats catastrophiques que l’on connaît, et qui sont directement supportés par les paysans américains.
Plus encore, les pôles de compétitivité sont-ils réellement efficaces ? Justifient-ils les sommes qui y sont investies ? La note de l’INSEE Limousin, Focal n°57 est à ce titre très instructive, si on l’interprète correctement. Une fois les effets de biais corrigés (dus à la concentration des aides à l’innovation sur un petit nombre d’entreprises déjà performantes) on trouve un résultat net de 385 emplois sur 10 ans. Pour une enveloppe de 38 millions d’euros, cela paraît faible puisqu’on atteint presque 100 000 euros par emploi créé, soit l’équivalent de 850€ mensuels par emploi pendant 10 ans… N’y aurait -il pas moyen d’utiliser les sommes différemment pour avoir des effets au moins aussi importants en terme d’emploi régional ? Les entreprises ont tout à gagner à ce que la région mette le paquet sur les infrastructures, notamment de transport.
De même que pour les lycées, nous voulons donc que la région exerce pleinement son rôle en matière de transports. Nous devons en cette matière ne pas nous engager dans des choix irréalistes et nocifs pour un aménagement équilibré du territoire. Ainsi, nous nous étonnons de la possibilité évoquée dans le document d’orientation budgétaire de rentrer dans le syndicat mixte de l’aéroport de Brive. Le document formule le voeu que l’exploitation de cet aéroport se fasse sans concurrence avec celui de Limoges. C’est un voeu pieux, car c’est tout simplement impossible ! Ces deux aéroports sont de fait en concurrence directe. De plus la Région finance déjà les déficits de l’aéroport de Limoges-Bellegarde. Rentrer dans le syndicat mixte de Brive, c’est accepter la politique du fait établi à laquelle il faut avoir le courage de résister.
De même, les choix en matière ferroviaire portés par l’exécutif régional vont se révéler ruineux. La position de la région lors de la précédente mandature était de ne financer le barreau Tours-Bordeaux que lorsque la ligne Limoges-Poitiers se ferait. Or nous constatons qu’il n’en est rien puisque nous sommes amenés à mettre la main à la poche pour l’un alors que l’autre est loin d’être engagée. C’est une première incohérence. La deuxième réside dans les objectifs contradictoires affichés dans le document. Il est spécifié p. 12 que la Région ne doit pas se lancer dans des investissements non financés qui la mettraient en danger. Dans un même temps, le barreau LGV est à nouveau posé comme une priorité, alors même que son financement est fragilisé par le retrait de la région Poitou-Charentes. Il est temps de reconsidérer les choix de la Région en matière de transport ferroviaire et de s’engager dans une politique de développement basé sur la rénovation de la ligne POLLT et le développement des TER pour lesquels il reste encore à faire (songeons par exemple à la ligne Montluçon-Ussel), plutôt que sur la création d’un barreau coûteux et lourd pour les ménages qui devront en supporter le poids par l’augmentation de la TIPP. Nous voulons un réseau de transport ferré qui soit un véritable aménagement du territoire, et non pas un barreau qui ferait de la ligne POLLT une ligne secondaire, et des territoires qu’elle dessert des zones reléguées. J’ajoute que tout investissement ferroviaire doit intégrer le frêt, outil indispensable d’une réelle planification écologique, c’est à dire beaucoup plus ambitieuse que le Grenelle de l’environnement.
Soyons porteurs des valeurs de la gauche et opposons nous à la déliquescence d’un système qui ne sait plus où il va. On le voit aujourd’hui sur la scène nationale comme sur le plan régional, selon le mot de Sénèque ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, mais parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles, alors osons.»

Dans sa réponse Jean-Paul Denanot soulignera qu’il est d’accord pour réexaminer l’ensemble des dispositifs d’aides aux entreprises à l’occasion de la révision du schéma de développement économique sans toutefois prendre d’engagements sur nos propositions. Il confirmera par ailleurs qu’il reste un partisan du barreau LGV Limoges-Poitiers tout en reconnaissant la nécessité de s’intéresser à l’avenir de l’axe historique POLT.

MOTION D’URGENCE SUR LE SOUTIEN AUX MOBILISATIONS
CONTRE LE PROJET DE REFORME DES RETRAITES
Texte initial proposé par Limousin terre de gauche :
« Les mobilisations contre la réforme des retraites ne faiblissent pas, contrairement à ce qu’espérait Nicolas Sarkozy. Malgré les manipulations et les mensonges du gouvernement, appuyés par les représentants du Medef, des millions de salariés, du public comme du privé, des jeunes et des retraités sont une nouvelle fois descendus dans la rue mardi pour exiger le retrait d’un texte socialement injuste et qui ne garantit aucunement l’avenir des régimes de retraites par répartition. Les appels aux grèves reconductibles se multiplient dans le pays témoignant de la détermination des hommes et femmes de ce pays à refuser une loi qui représente un recul social sans précédent. Rien ne justifie de reculer l’âge légal de la retraite à 62 ans et de repousser l’âge du droit à taux plein à 67 ans. L’argument démographique ne tient pas. Si moins de personnes travaillent en proportion du nombre de retraités, elles produisent en effet davantage de richesses. Ainsi en 2010 deux actifs produisent autant de richesses que trois actifs en 1982. Tout au long de l’histoire de notre pays, plus l’espérance de vie augmentait plus le temps passé au travail par les individus diminuait. Pourquoi en irait-il différemment aujourd’hui ? Pourquoi, alors que la richesse augmente, 90 % du financement de la réforme proposée serait-il supporté par les salariés et à peine 10 % par les détenteurs du capital ? Pourquoi les plus fortunés devraient-ils rester écartés de l’effort collectif ? Pourquoi, alors que le chômage des jeunes augmente, vouloir faire travailler plus les aînés alors que beaucoup sont poussés vers la sortie dès 55-56 ans ?
La seule solution valable pour assurer l’avenir de la retraite par répartition est bien, en définitive, celle d’une meilleure répartition des richesses. Ainsi si l’on taxait les revenus financiers au même niveau que les salaires, 22 milliards d’euros viendraient abonder nos retraites. De même, plusieurs milliards pourraient être dégagés si l’on mettait un coup d’arrêt aux exonérations de charges sociales des entreprises qui ne créent aucun emploi. Mais toute discussion en ce sens est refusée par le gouvernement car son véritable objectif est d’imposer l’allongement de la durée de cotisations et la baisse des pensions pour ouvrir la voie à la retraite par capitalisation.
Réuni en séance plénière le jeudi 21 octobre 2010, le Conseil Régional :
– apporte son soutien aux mobilisations en cours et aux moyens d’action choisis collectivement par les salariés et les jeunes en lutte, notamment dans le cadre de l’intersyndicale.
– demande le retrait du projet du gouvernement
– réaffirme son attachement à la retraite par répartition garantissant le droit à la retraite à 60 ans au plus tard avec un taux de remplacement d’au moins 75% du revenu net, calculé sur les 10 meilleures années dans le secteur privé et sur les 6 derniers mois dans la fonction publique ».

Avant de se prononcer sur le texte les élus socialistes ont demandé une interruption de séance. A la reprise des débats, ils leur ont signifié leur volonté de voter ce texte, à condition de supprimer le dernier alinéa portant sur les propositions de financement. Le débat sur cette question ayant déjà eu lieu à la séance plénière de juin où les positions divergentes des uns et des autres avaient été constatées –portant notamment sur le niveau des pensions-, les élus de LTDG, conscients qu’un vote de soutien unanime au mouvement sur les bancs de la gauche était plus important à ce moment de l’action que l’affichage de divergences ont accepté cette proposition. Le texte est ainsi libellé dans sa partie finale : « Réuni en séance plénière le jeudi 21 octobre 2010, le Conseil Régional :
– apporte son soutien aux mobilisations en cours et aux moyens d’action choisis collectivement, notamment dans le cadre de l’intersyndicale.
– demande le retrait du projet du gouvernement.
– réaffirme son attachement à la retraite par répartition.
– exige l’ouverture d’un véritable débat national ».

ORIENTATIONS BUDGETAIRES
Considérant que le débat d’orientations budgétaires avait été largement abordé lors des interventions des groupes en matinée J-P Denanot demandait de prendre acte de ce débat (le vote sur le budget 20111 aura lieu à la séance de décembre). Stéphane Lajaumont, mécontent du peu de temps accordé à cette discussion budgétaire obtiendra cependant d’intervenir pour pointer quelques uns des dossiers qui détermineront le vote effectué lors du budget en décembre.
– éducation. La baisse du budget consacré aux travaux dans les lycées n’est pas acceptable, alors même que des réhabilitations ou des constructions sont nécessaires, notamment au niveau des équipements sportifs ; la gratuité totale des livres scolaires, partielle aujourd’hui, nécessite de revoir la forme sous laquelle elle est mise en œuvre.
– transports. Le financement LGV prévu au budget concerne le « droit d’entrée » sur la ligne Tours-Bordeaux, est le début de la privatisation du rail, puisque la concession de ce tronçon est fixée pour 50 ans au groupe Vinci. Une région de gauche doit-elle contribuer à une telle politique ? Et dans le domaine de l’aérien, les critères établis pour exiger une coopération entre les deux aéroports du Limousin (Limoges et Brive) sont tellement flous qu’ils laissent supposer que, dans tous les cas, la région participera financièrement aux déficits prévisibles !
– aides économiques. Alors que Limousin Terre de Gauche a constaté et pointé des dérives dans les aides accordées aux entreprises, ces remarques seront-elles prises en compte lors du budget de décembre ? N’y a-t-il pas là un des gisements financiers permettant d’afficher ostensiblement des choix sociaux comme la gratuité du transport ferroviaire pour les chômeurs ? De même, l’exécutif régional est-il prêt à prendre en compte notre demande de défalquer avant toute aide aux entreprises l’exonération au titre de la taxe professionnelle pour éviter que les entreprises ne gagnent à la fois « au tirage et au grattage » ! (Un point de vue repris et argumenté par Joël Ratier).

EMPLOIS ASSOCIATIFS
Un rapport portant sur le réaménagement du dispositif des emplois associatifs était soumis au vote de l’assemblée. Près de la moitié des aides accordées arrivant à échéance avant la fin de l’année, il est prévu de les prolonger de façon transitoire pour un an. Ce temps sera mis à profit pour réexaminer plus en détail les activités de l’association (cohérence avec les politiques de la région, mutualisation, partenariats..) avant un éventuel renouvellement pour 5 ans. Joël Ratier est intervenu pour souligner l’importance de ce dispositif, notamment en zones rurales et demander le maintien au moins au niveau actuel (600) du nombre d’emplois.

MODULATION DE LA TIPP, BARREAU LGV ET POLT
Un rapport sur une modulation supplémentaire de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) présenté par l’exécutif a conduit Christian Audouin à intervenir à la fois pour rejeter le principe de lever cette taxe supplémentaire mais aussi en dénoncer son utilisation.
La loi de finances 2010 l’autorisant, le président de Région a proposé d’instaurer une modulation supplémentaire de la TIPP, entendez une taxe sur les carburants consommés en Limousin. Le produit attendu doit être affecté exclusivement au financement de projets structurants prévus dans le Grenelle de l’environnement, c’est-à dire pour le Limousin au bénéfice du seul barreau LGV Limoges-Poitiers. Cette taxe devrait rapporter un peu plus de 7 millions au budget de la région qui seront affectés en 2011 comme le laisse supposer le document d’orientations budgétaires … au paiement du droit d’entrée au barreau que constitue la participation de la région au financement de la ligne LGV Tours-Bordeaux (69 millions au total pour les collectivités du Limousin).
Christian Audouin a dénoncé le principe de cette taxe, annonçant que le groupe voterait contre et réaffirmant le souhait que la Région focalise son attention et ses deniers sur la modernisation et le développement de l’axe historique nord-sud (POLT). C’est dans cette optique qu’il proposait, sous forme d’un vœu (ci-dessous), le soutien au mémorandum « Urgence POLT » et l’adhésion à cette association crée par le député du Cher Jean-Claude Sandrier et le soutien à son mémorandum. Ce vœu discuté en peu plus tard recueillera un avis favorable des élus d’Europe Ecologie, l’élue ADS s’abstenant et le PS votant contre et présentant un vœu favorable au barreau Limoges-Poitiers.
A noter que ce débat a eu lieu alors que de nombreux opposants au barreau étaient présents dans le public.
Texte du vœu sur le mémorandum « Urgence POLT »
L’association « Urgence POLT » a pour ambition de fédérer l’ensemble des acteurs qui souhaitent moderniser et maintenir le caractère national de la ligne historique POLT (Paris-Orléans-Limoges-Toulouse). Elle vient de rédiger un mémorandum, déjà approuvé par treize parlementaires, deux présidents de région, cinq présidents de conseils généraux, quatorze maires, des représentants de syndicats ou d’associations. Ce document, qui a reçu l’aval des élus creusois de gauche lors d’une récente réunion à La Souterraine, souligne l’intérêt environnemental, social et économique de cette ligne, son caractère de service public et son rôle dans l’aménagement du territoire. Il propose d’agir dès aujourd’hui pour répondre aux besoins immédiats (matériels, infrastructure, qualité de service …) mais aussi conforter l’avenir de cet axe par des propositions à plus long terme (raccordement au réseau LGV, ferroutage …). Il propose à cet effet la création d’un fonds spécial d’investissement en conformité avec l’article 11 II, premier alinéa de la Loi Grenelle qui donne « la priorité à la régénération et la modernisation du réseau existant ».
Le Conseil régional du Limousin, réuni en séance plénière le jeudi 21 octobre 2010, approuve le mémorandum proposé par « Urgence POLT », adhère à l’association et appuiera toutes les démarches et initiatives visant à préserver, moderniser et développer la ligne Paris-Orléans-Limoges-La Souterraine.

COMMUNIQUE DE PRESSE
Envoyé quelques jours après la séance plénière et avant la manifestation sur les retraites du 28 octobre :
« Les élus de Limousin terre de gauche contre la modulation supplémentaire de la TIPP
Lors de la séance plénière du jeudi 21 octobre les élus de « Limousin terre de gauche » (PC, PG, NPA) ont voté contre la modulation supplémentaire de la TIPP (taxe intérieure sur les produits pétroliers) proposée par la Président de Région. Cette augmentation du prix des carburants pénalisera en effet tous ceux obligés de prendre leur véhicule pour se rendre à leur travail et ajoutera à leurs difficultés à boucler des fins de mois de plus en plus difficiles. Elle servira par ailleurs, conformément à ce que la loi du Grenelle de l’environnement stipule, à financer la participation de la Région à la réalisation du tronçon LGV Tours-Bordeaux, véritable « droit d’entrée » à la réalisation du barreau LGV Limoges-Poitiers. Les élus de Limousin terre de gauche désapprouvent ce choix, réaffirment leur volonté de vouloir moderniser et développer la ligne historique Paris-Orléans-Limoges-Toulouse et regrettent que la majorité ait refusé de voter leur vœu demandant l’adhésion de la région à l’association « Urgence POLT ».
… et dans la rue jeudi
Une nouvelle journée de mobilisation contre le projet de réforme des retraites ayant lieu jeudi, ils participeront aux manifestations prévues. Ils déplorent à ce propos que leur demande de report de la Commission permanente du Conseil régional prévue ce même jour n’ait pas été acceptée par l’exécutif régional ».

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